The Calorie Canard - traduction française

En anglais, l’expression : « to sell half duck » [1], est originaire d’une veille expression française : « vendre un canard à moitié ». Ce qui signifie plus ou moins : se faire arnaquer !

 

Je souhaiterais alors vous expliquer pourquoi nous l’avons tous déjà été.

 

Cela signifie ce besoin absolu de compter les calories dans le but de perdre du poids, afin de rester mince ainsi qu’en bonne santé.

 

Compter les calories facilite la perte de poids. Cette méthode a été bien éprouvée.

 

Néanmoins, est-ce vraiment ce que vous voulez ? Pensez un instant comme ce terme peut-être vague : la perte de poids.

 

Hypothétiquement, concevons que vous commenciez à compter les calories et suiviez de plus près votre poids, cela dans le but de brûler un excès de gras. En effet, vous avez gardé vos calories en sous-maintenance ces deux dernières semaines, et le jour de la pesée est enfin arrivé. Vous sautez sur votre balance et remarquez que le chiffre qu’elle affiche est plus bas que durant les précédentes semaines. Vous sautez de joie, vous vous sentez fier et satisfait. C’est encore plus satisfaisant car vous vous sentiez comme une « quiche » toute la semaine, évitant TOUTES les tentations mais persévérant malgré tout.

 

Navré de vous décevoir, mais je suis sur le point de vous couper l’herbe sous le pied.

 

La plupart des gens présument que quand vous suscitez un déficit calorique, suivi d’une perte de poids, vous êtes en train de brûler du gras, pur, invoulu et tenace.

En surface, cela a du sens et semble même assez logique. Seulement, le corps et la biologie ne fonctionnent pas ainsi.

 

Permettez-moi de m’expliquer.

 

Je vais analyser l’emploi des calories et l’utilisation de la balance en prenant en considération la composition du corps, cela à travers des suivis, des références et une sélection d’interviews « Podcasts », de journaux scientifiques et d’outils cliniques, ainsi que d’auteurs et d’experts dans le domaine de la santé et de la nutrition. Le but de cet article est d’éclairer la mauvaise appropriation de la nature de ces deux outils, en espérant vous orienter dans une voie différente et plus favorable.

 

 

Une brève histoire de calories

Les calories ont un passé intéressant. Le mot apparût en France entre 1789-1824, et fût dès lors utilisé comme unité de mesure thermique. Plus spécifiquement, une calorie est la quantité de chaleur thermique nécessaire pour élever 1 gramme d’eau par 1 degrés Celsius [2].

En 1894, Mr. Wilbur Atwater publia un article nommé : « Foods: Nutritive Value and Cost » (Aliments : Vâleurs nutritives et coûts), dans le but de permettre aux gens de diriger leurs choix alimentaires en fonction de leur situation économique [3,4].

 

Les intentions d’Atwater étaient d’aider les personnes – pauvres – les meilleurs choix nutritionnels possibles. Ce moment marqua l’Histoire, comme le début d’une politique d’alimentation et de nutrition aux Etats-Unis [3].

 

Aujourd’hui, plus de 100 ans plus tard, la valeur calorique alimentaire est encore mesurée par les facteurs d’Atwater [5]. Ces facteurs estiment l’énergie disponible dans les macronutriments ; le gras a 9 calories par gramme, tandis que les protéines et glucides ont respectivement 4 calories par gramme.

 

En 1947, la « Food and Agriculture organisation of the United Nations (UN) », fonda un comité, et examina de plus l’utilité des facteurs d’Atwater dans la relation entre régime et apports énergétiques. La commission conclût l’inexactitude de cette méthode en terme d’alimentation individuelle, et indiqua l’utilisation erronée de cette dernière concernant les régimes : « this procedure is inaccurate for individual foods, and has only limited application to diets” [7].

 

Retenez ceci : notre apport énergétique journalier est encore basé sur un vieux système comptable qui fût établit à une époque où les vitamines ne furent pas encore découvertes [3]. De plus, près de 70 ans auparavant, l’UN jugea l’application de la méthode inexacte.

 

En dépit de cela, la plupart de la population continue de baser leur régime entier autour de ces veilles recherches qui n’ont pas été conçues pour l’utilisation actuelle que nous en faisons [4].

 

 

La relation entre les calories et la thermodynamique décrite par un physicien

Le corps humain est sujet aux mêmes lois thermodynamiques que n’importe quelle machine qui requière une source d’énergie afin d’être performante dans son travail [8].

Cela est la raison pour laquelle la plupart des gens sont des fervents défenseurs du modèle calorique, expliquant qu’il n’est pas possible d’interférer avec l’équation basique des flux énergétiques : apports < consommations.

 

En réalité, si vous questionnez un physicien à propos de la relation thermodynamiques avec le corps humain, il vous répondra qu’elle est incomplète.

 

La raison pour laquelle cet argument tombe à l’eau, est qu’il ne prend pas en compte l’efficience.  En effet, l’efficacité du corps dépend de beaucoup de variables ; du type macronutriments, besoins énergétiques, hormones, la masse maigre, et même temporel [8,9,10].

 

Et cela n’est qu’un faible extrait du nombre de variables.

 

John Kiefer, physicien, synthétise bien l’argument ; « la logique sous-jacente derrière une calorie est une calorie bafouant la plupart des lois basiques de l’univers » (the underlying logic behind a calorie is a calorie violates the most basic laws of the universe) [8].

 

Cela me semble explicite.

 

 

La vieille fidèle

La tant « redoutée » balance et les calories marchent main dans la main.

 

Utiliser la balance afin de suivre votre poids est banal, mais cela en fait t-il un outils approprié ?

 

Et bien, pour commencer, si vous grimpez sur la balance et remarquez que vous avez perdu du poids, rien n’indique que cette perte de poids fait de vous une personne en meilleure santé.

 

En réalité, une revue de deux études indépendantes conclue que parmi les individus n’étant pas « vraiment obèses », la perte de poids est associée à une montée du taux de mortalité, tandis que la perte de gras est associée à une baisse du taux de mortalité (among individuals that are not severely obese - weight loss is associated with increased mortality rate and fat loss with decreased mortality rate) [12].

 

Cela signifie que lorsque nous regardons notre perte de poids de manière globale, elle apparaît négativement corrélée à l’optimisation de notre santé. À contrario, quand nous regardons la perte de gras « pure », elle apparaît comme positivement corrélée à l’optimisation de notre santé.

 

Il s’avère que la perte de gras ne devrait pas être tenter au nom de la superficialité – et moi-même j’ai été coupable de celle ci autant que n’importe qui d’autre. Sculpter son corps n’aurait qu’un effet secondaire dans l’optimisation de la santé.

 

Ça, c’est un bon deal.

 

Micro and Macro

 Pourquoi la perte de poids affecte-t-elle ma santé ? Quelle est la différence entre perte de poids et perte de gras ?

 

L’utilisation des calories et de la balance est une tentative de suivi au niveau macro. Par macro, je veux dire que cela nous offre uniquement une vue panoramique. Cela manque de profondeur et de complexité. Après tout, le corps humain est connu pour être l’un des organismes les plus complexes. C’est alors considérer notre fonctionnement interne comme semblable à un moteur sous vide (flux énergétiques), cela ne me semble pas raisonnable.

 

Les machines n’ont pas d’hormones. En effet, les machines ne peuvent pas réduire leur niveau de stress par la méditation.

 

Nous sommes différents des machines… n’est-ce pas ?

 

Dire que les calories sont toutes égales, c’est juger un bouquin à sa couverture.

 

Suivre la perte de poids est pareil. Effectivement, cela ne nous permet pas de faire la différence entre la perte potentielle de gras, la perte de muscle, la perte de la densité minérale osseuse, ou bien poser une pèche.

 

La perte de muscle est le problème majeur. Dans un état de déficit énergétique, la perte de muscle pourrait représenter jusqu'à plus de la moitié de la perte totale de poids à court-terme [13]. Entre autres, cela conduit également à une diminution de votre métabolisme qui rend plus difficile la perte de graisse sur le long-terme [14,15].

 

Cela ne me semble pas optimal.

 

En effet, nous appelons cela la Sarcopénie de la vieillesse, mais quand celle-ci est faite intentionnellement dans une optique de perte de poids, elle est considérée comme inévitable. De même pour la perte de la densité minérale osseuse, aussi nommé : Osteoporosis.

 

Pour être franc, la plupart des gens ne réalisent pas tout cela. D’autres personnes en salle de gym, acceptent juste cela comme un enfer nécessaire. C’est plus ou moins un « effet yo-yo », comme si il n’existait pas d’autres manières.

 

Actuellement, tout cela est non-nécessaire, mais constitue seulement un néfaste détour à la voie menant à vos objectifs.

 

 

La rétention d’eau

Par ailleurs, la balance ne donne aucun aperçu de l’actuel niveau d’hydratation corporelle et accessoirement de la rétention d’eau provenant des composant qui causent des fluctuations dramatiques sur le poids global. Des éléments de tous les jours comme les glucides et le sodium, qui vont souvent de pairs, sont de parfaits exemples.

 

Jetons d’abord un coup d’œil aux glucides. En effet, les glucides – excluant ceux de types fibreux – se décomposent dans le glycogène du corps. Celui-ci est stocké dans le foie, les tissues musculaires, et/ou les cellules graisseuses sous forme hydratée (trois à quatre parties d'eau pour chaque partie de glycogène) [16].

 

Quel rapport y-a-t-il entre l’absorption d’eau via les glucides et notre poids ?

 

Et bien, normalement, pour chaque gramme de glucides exploitable et consumé, le corps stockera autours de trois grammes d’eau minimum. Donc si vous avez une soirée chargée en glucides, vous pouvez tout à fait compter sur le fait de vous réveiller « lourd », mais ne pas avoir nécessairement pris de gras.

 

Le sodium est aussi connu pour causer de la rétention d’eau. En effet, des combattants (sportifs) utilisent souvent des apports en eau et en sodium durant les étapes finales de leurs régimes. Bodybuilders, mannequins, et sportifs de haut niveau usent aussi de ces pratiques, bien que pour différentes raisons. En théorie, quand vous mangez quelque chose qui contient du sodium, votre corps sera, encore, forcé à augmenter temporairement sa rétention d’eau. Vous n’êtes pas devenu plus « gros » ; vous êtes simplement plus lourd.

 

C’est aussi bien connu que la rétention d’eau chez les femmes fluctue au cours de leur cycle mensuel, et que ces fluctuations ne sont pas uniformes à travers la population [17].

 

Cette preuve démontre l’insignifiance de votre balance, principalement à l’égard de la gente féminine. Elle ne nous indique absolument rien de contextuel. Votre poids est toujours en fluctuation perpétuelle, donc pensez simplement à une sorte de « photo instantanée » à un moment donné, et utilisez seulement la balance comme un outil de sauvegarde.

 

Mettez la balance de côté et achetez-vous un mètre d’IMC (Indice de Masse Corporelle).

 

 

Le pas en avant

La méthode de compter les calories de même que l’utilisation de la balance, sont tous deux de faible qualité métrique et couramment utilisés, afin de suivre la composition corporelle et atteindre ses objectifs de santé. Nous sommes en 2016, nous avons à présent découvert les vitamines, et pour être franc ; nous disposons de meilleurs outils.

 

Disons que votre but est en effet de devenir mince et en bonne santé. Dans ce cas, étant donné que nous avons à présent toutes les informations concernant les calories et la balance, vous devriez trouver une autre méthode.

 

Et c’est beaucoup plus simple que cela en à l’aire.

 

En fait, votre corps veut être mince et en bonne santé. Donc il se chargera de le faire gratuitement, même sans exercices… à condition que vous débloquez la situation et nourrissez votre corps des bonnes choses, tout simplement.

 

La clé est de se concentrer sur : à quoi consiste vraiment les calories, et non pas leur quantité.

 

 

Ecrit par Benjamin Dewar

Traduit par Antoine Dubois avec l’aide de Julien Gautier

 


References

1

Online Etymology Dictionary. (2016). Retrieved from http://www.etymonline.com/index.php?term=canard

2

Hargrove, J. L. (2006). History of the calorie in nutrition. The Journal of nutrition, 136(12), 2957-2961.

3

Drewnowski, A. (2010). The Nutrient Rich Foods Index helps to identify healthy, affordable foods. The American journal of clinical nutrition, 91(4), 1095S-1101S.

4

Kiefer, J., and Patel, R. (2014, February 13). BIOFM - Episode 30 – Research Review 4: Calories in, Calories out  [Audio Podcast]. Retrieved from http://body.io/body-io-fm-30-research-review-4/

5

United States Department of Agriculture. (2016). Frequently Asked Questions (FAQs). Retrieved from https://www.ars.usda.gov/northeast-area/beltsville-md/beltsville-human-nutrition-research-center/nutrient-data-laboratory/docs/frequently-asked-questions-faqs/#4-9-4

6

Merrill, A.L. and Watt, B.K. 1973. Energy Value of Foods...Basis and Derivation. Agriculture Handbook No. 74. U.S. Government Printing Office. Washington, DC. 105p.

7

United Nations. (1947). Energy-yielding components of food and computation of calorie values. Washington, U.S.A. Retrieved from http://hdl.handle.net/2027/coo.31924003549650

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Kiefer, J. (2011). Carb Back-Loading: Manual for Total Body Fat Control. Retrieved from http://carbbackloading.com

9

Fine, E. J., and Feinman, R. D. (2004). Thermodynamics of weight loss diets. Nutrition & metabolism, 1(1), 1.

10

Kiefer, J., and Patel, R. (2014, February 13). BIOFM - Episode 6 – Richard Feinman “Low fat diets are dead”  [Audio Podcast]. Retreived from http://body.io/podcast-dr-richard-feinman/

11

Kiefer, J., and Patel, R. (2014, January 21). BIOFM - Episode 4 - Jonathan Bailor and the Calorie Myth [Audio Podcast]. Retrieved from http://body.io/podcast-with-jonathan-bailor/

12

Allison, D. B., Zannolli, R., Faith, M. S., Heo, M., Pietrobelli, A., Vanltallie, T. B., ... & Heymsfield, S. B. (1999). Weight loss increases and fat loss decreases all-cause mortality rate: results from two independent cohort studies. International journal of obesity, 23(6), 603-611.

13

Kiefer, J. (2005). The Carb Nite Solution. Retrieved from http://carbnite.com

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Greenfield, B. (2013). Diet Myth News Flash: Eating Less Does Not Cause Fat Loss. Retrieved from https://bengreenfieldfitness.com/2013/12/diet-myth-news-flash-eating-less-cause-fat-loss/

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Stevenson, S. (Presenter), and Harrell, J. (Producer). (2013, July 19). The Model Health Show 010 - Jonathan Bailor - The Calorie Myth [Audio Podcast]. Retrieved from http://theshawnstevensonmodel.com/the-calorie-myth/

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Kreitzman, S. N., Coxon, A. Y., & Szaz, K. F. (1992). Glycogen storage: illusions of easy weight loss, excessive weight regain, and distortions in estimates of body composition. The American journal of clinical nutrition, 56(1), 292S-293S.

17

White, C. P., Hitchcock, C. L., Vigna, Y. M., and Prior, J. C. (2011). Fluid Retention over the Menstrual Cycle: 1-Year Data from the Prospective Ovulation Cohort. Obstetrics and Gynecology International2011, 138451. http://doi.org/10.1155/2011/138451